Orange est leader en Roumanie en matière de débit internet fixe depuis 2024.
Date de publication : 14/09/2026
Ce rapport s'appuie sur l'analyse de tests de débit réalisés principalement via les applications mobiles V-Speed (notamment SpeedGeo) entre 2021 et le deuxième trimestre 2026.
Les données relatives aux débits moyens de téléchargement des trois principaux fournisseurs d’accès Internet fixe en Roumanie (Digi, Vodafone et Orange) révèlent une tendance claire. En 2021, les trois opérateurs partaient d’un niveau similaire : Orange atteignait 53 Mbps, Digi 64 Mbps et Vodafone 67 Mbps. Vodafone a conservé un léger avantage sur Digi au cours des deux années suivantes, tout en exerçant une nette domination sur Orange (avec une part de marché d’environ 50 %).
![Average broadband internet speed of top operators in Romania [2021–2026, Mb/s]](/storage/article/shared/ro_broadband_speed_6aa7c232cbd3a.png)
La situation a radicalement changé en 2024, lorsque Orange a rattrapé puis dépassé ses concurrents sur le marché. Au deuxième trimestre 2026, Orange atteignait une vitesse moyenne de téléchargement de 240 Mbps, devançant largement tant Digi (177 Mbps) que Vodafone (149 Mbps). Comment l’acteur le plus faible du début de la décennie est-il devenu le leader incontesté en matière de vitesse en 2026 ?
Pendant des années, le marché roumain du haut débit a été considéré comme le fief de DIGI. Pionnier du marché roumain de la fibre optique, DIGI a su, pendant de nombreuses années, associer la construction d’un vaste réseau de fibre optique à des services abordables, ce qui en a fait la référence sur le marché national. Vodafone a fait son entrée sur le marché de la téléphonie fixe en rachetant en 2019 le câblo-opérateur UPC Romania, qui possédait un réseau coaxial basé sur la norme DOCSIS. Si les réseaux câblés peuvent offrir de bons résultats, ils sont confrontés à des limites technologiques plus importantes que la fibre FTTH moderne.
Dans le segment fixe, Orange s’est appuyé pendant des années sur des accords de gros. Le tournant s’est produit en 2021 avec l’acquisition d’une participation majoritaire dans la branche fixe de Telekom Romania Communications, ce qui a permis à Orange d’accéder à un réseau étendu, bien que technologiquement hétérogène (mélange de FTTB, FTTH et d’infrastructures plus anciennes). La fusion juridique et opérationnelle complète des deux sociétés a eu lieu en juin 2024. À partir de ce moment, Orange a pu mettre en œuvre une politique d’investissement unifiée, harmoniser son réseau fédérateur et moderniser l’infrastructure acquise pour la mettre aux normes de la fibre optique. C’est à ce moment précis qu’Orange a commencé à devancer ses concurrents en matière de débits Internet.
À la suite de la fusion, Orange a accéléré ses dépenses : l’entreprise a déclaré des investissements cumulés dépassant le milliard d’euros dans l’extension du réseau FTTH après le rachat de Telekom Romania, tout en annonçant des budgets croissants pour les infrastructures fixes et mobiles au cours des années suivantes (dont 237 millions d’euros prévus pour 2026 afin d’accélérer le déploiement de la fibre optique et le développement de la 5G). L’opérateur s’est concentré sur la commercialisation à grande échelle des services XGS-PON, en lançant « Giga Fibră » — offrant des débits allant jusqu’à 2,1 Gbps — comme produit phare. Parallèlement à la promotion de forfaits à haut débit, la part d’utilisateurs équipés de routeurs prenant en charge les dernières normes Wi-Fi 6, et plus récemment Wi-Fi 7, n’a cessé d’augmenter.
Le Wi-Fi moderne chez Orange
L’un des atouts d’Orange ces dernières années réside peut-être dans le déploiement systématique de routeurs prenant en charge les dernières normes Wi-Fi. L’opérateur les a non seulement proposés aux nouveaux abonnés, mais a également remplacé systématiquement les équipements de ses clients existants. Cette hypothèse est étayée par les résultats des tests de débit réalisés par les utilisateurs de SpeedGeo, qui ont identifié des générations spécifiques de Wi-Fi – cette technologie constituant aujourd’hui le principal moyen d’utiliser l’Internet à domicile. Les données montrent qu’Orange détient la part la plus élevée de mesures effectuées selon les normes Wi-Fi les plus récentes (Wi-Fi 5, 6 et 7) : 62 %, contre 56 % chez Vodafone et 52 % chez DIGI. La part des tests effectués sur la norme clé, le Wi-Fi 6, était également la plus élevée chez Orange, atteignant 32 % contre 25 % chez DIGI et seulement 7 % chez Vodafone. En conséquence, Orange affiche la plus faible part de mesures sur la norme Wi-Fi 4, plus ancienne et plusieurs fois plus lente : 37 % contre 43 % chez Vodafone et 46 % chez DIGI.

De plus, les mesures effectuées sur le Wi-Fi 6 au sein de l’infrastructure d’Orange donnent des résultats légèrement supérieurs à ceux des autres opérateurs : 348 Mbps contre 320 Mbps chez Vodafone et 314 Mbps chez DIGI. Il convient également de noter le profil d’adoption technologique particulier de Vodafone : les tests effectués sur son réseau montrent une part nettement plus faible de mesures Wi-Fi 6, ainsi que la part la plus élevée de Wi-Fi 5 parmi les trois opérateurs, ce qui pourrait indiquer un rythme plus lent de remplacement des routeurs. Quant au Wi-Fi 7, le marché en est encore aux prémices de son déploiement : la part de cette norme sur l’ensemble de l’échantillon oscille autour de 1 %, ce qui ne permet pas encore de tirer des conclusions significatives.

Au final, Orange se dote d’une avance notable à partir de 2025. Cet avantage n’est pas le fruit d’une percée technologique soudaine, mais plutôt l’effet cumulatif d’un long processus de consolidation du marché : acquisition d’une entreprise hétérogène sur le plan technologique, consolidation des deux entités, transition du FTTB/cuivre vers le FTTH et mise en œuvre d’une stratégie commerciale cohérente.